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Cameroun: Obligé de fuir en raison de son orientation sexuelle

Publié le 9 septembre 2014

Par Denis LeBlanc

Des menaces de mort ont conduit un des responsables de l’Association Affirmative Action au Cameroun de fuir son quartier depuis le début du mois d’août.  La violence homophobe et la complicité officielle dans le harcèlement d’un membre du personnel d’Affirmative Action qui travaille sur un projet de Fonds mondial sont dénoncées par le groupe.  Le communiqué de presse de l’association ici-dessous, nous informe qu’il s’est enfui et a pris le refuge dans une maison sûre.

Issa Tchiroma Bakary, Cameroon's minister of communication (Photo courtesy of Camer.be)

Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la communication du Cameroun. (Photo de Camer.be)

On rappelle aux lecteurs que le Ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, à sa déclaration du début de cette année prétendait que les homosexuels sont sûrs au Cameroun. Il avait affirmé, lors d’une conférence de Presse la semaine du 19 janvier, que «il n’existe aucun acharnement judiciaire contre» les homosexuels au Cameroun. Il a ajouté : «Au Cameroun, il y a des homosexuels reconnus qui se promènent librement dans les rues, certains en font d’ailleurs leur gagne-pain, sans en être inquiétés»

L’Article 347 bis du Code pénal criminalise des rapports sexuels entre les gens du même sexe.

Voici le communiqué (légèrement édité) de Affirmative Action:

Obligé de fuir son quartier en raison de son orientation sexuelle

Desmond Sone Mbecho, responsable de la cellule culturelle et pair éducateur dans le projet Fonds Mondial Round 10 VIH à l’association, a reçu des menaces de mort de la part de ses voisins dans la nuit du 7 août 2014. Ceux-ci, lui demandent de partir de son appartement pour un lieu inconnu mais autre que leur quartier à cause de son orientation sexuelle.

Logo de Affirmative acction

Logo d’Affirmative action

Dans la journée du 6 juin 2014, M. Sone qui rend visite à son ami à la brigade de Ngousso, son quartier d’habitation, est interpellé par un officier de police judiciaire l’informant qu’il a une plainte contre lui déposée à la brigade. N’ayant reçu aucune convocation de son enquêteur, mais en toute humilité il accepte se présenter devant l’officier et trouve à l’intérieur son bailleur qui l’accuse de pratique d’homosexualité.

Prenant ainsi acte des accusations celui-ci, il contacte Affirmative Action qui tout de suite dépêche son responsable de la cellule des droits humains pour se rendre sur les lieux. Par la suite ce dernier contacte la CAMNAFAW qui met à la disposition de M. Sone, Me Ndongo Jathan, avocat dans le cadre du projet Fonds Mondial Round 10 VIH, pour effectuer le conseil de l’accusé.

Après un entretien entre les deux parties, ils sont renvoyés pour le lendemain à 16 heures. Le lendemain, les officiers s’entretiennent avec le bailleur et le conseil de Desmond Sone. Au sortir de là, son bailleur vient s’excuser pour avoir proféré de fausses accusation et dit l’avoir fait pour qu’il libère sa maison. Devant le conseil et l’officier, elle lui donne 2 semaines de préavis pour qu’il quitte les lieux.

Plus tard en soirée, M. Sone de retour chez lui se rend à une épicerie de son quartier pour effectuer quelques achats. Grande est sa surprise quand il trouve son bailleur avec des garçons du quartier leur disant qu’il est homosexuel et qu’ils doivent le tabasser et le chasser.

Pris de panique il retourne chez lui où une foule de personne viennent frapper à sa porte et aux fenêtres en lui proférant des menaces de mort s’il ne part pas de ce quartier dans les brefs délais. La peur au ventre et après le départ de ses assaillants, il réussit à se réfugier chez un ami pour la nuit.

Actuellement, Desmond Sone se trouve logé dans «la chambre de refuge» aménagée au sein de l’association Affirmative Action pour recevoir de tels cas.

Affirmative Action dénonce avec la dernière énergie cet acte d’homophobie qui s’insurge à faux aux propos du Ministre de la communication sur la sécurité des homosexuels au Cameroun et demande au gouvernement camerounais de prendre des dispositions adéquates et exemplaires pour réprimer ces actes de haine envers les citoyens camerounais.

Affirmative Action est présentement en train de travailler avec le REDHAC (Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale) pour la relocalisation de M. Sone.  

 

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