Africa

Cameroun: Groupes sans domicile victimes de l’homophobie

Publié le 4 septembre 2014

Par Denis LeBlanc

Les associations Humanity First Cameroun et Colibri se retrouvent brusquement à la rue, à la recherche de nouveaux locaux, victimes de l’homophobie des propriétaires.

L’association Colibri à Bafoussam

Logo de Colibri

Logo de Colibri

La semaine dernière, Colibri, association située à Bafoussam, capitale de la Région de l’ouest du Cameroun, a «quitté fracassement un local que nous occupions depuis 2000 à cause de l’homophobie,» constate un e-mail signé Jean Jules Kamgue, président de Colibri.

Colibri, fondé en 2000, travaille à la prise en charge du VIH/Sida, la prévention chez populations vulnérables et vise l’aspect psychosocial des personnes vivant avec le VIH/Sida L’association fait aussi des plaidoyers reliés à son travail.

Kamgue ajoute que Colibri occupait le local depuis 14 ans : «Nous sommes en déroute. On ne sait à quel saint se vouer avec des tonnes de documents et mobiliers.»

Humanity First Cameron de Yaoundé

Humanity-First-logo-325pLe mardi 2 septembre, la propriétaire annonce au groupe Humanity First Cameron (HFC) d’évacuer sans délai les locaux du centre d’écoute de l’association.  L’association, qui œuvre dans la capitale camerounaise de Yaoundé, travaille à la prévention, à la prise en charge des IST, et du VIH-SIDA et à la défense des droits.

L’association occupe depuis deux ans ces locaux.  Le groupe avait demandé, il y a déjà plusieurs mois, des réparations  au problème d’étanchéité du local qui «menace la santé du personnel, compromet les conditions de travail, et endommage les équipements» affirme le communiqué de HFC.  Depuis cette demande, l’association dit que la propriétaire fait preuve de mauvaise foi.  Elle réclame maintenant que la réparation les oblige de déménager.

Humanity First dit que «Cette notification vient alors confirmer les motivations homophobes des propriétaires du local, et leur volonté depuis longtemps de pousser l’association dehors. Une conviction justifiée quand l’on prend en compte tous les tracas que ceux-ci  font subir à l’association…. Face aux plaintes incessantes, la bailleresse, interlocutrice régulière de l’association reste sourde.»

Parmi ses griefs, Humanity First dit par son communiqué que :

  • les sanitaires ne fonctionnent pas correctement,
  • les murs très humides donnent un aspect d’insalubrité,
  • l’alimentation en eau courante suspendue de façon inopinée,
  • les factures d’énergie électrique anormalement élevées, et
  • la propriétaire refuse que son nom figure sur un document de Humanity First.

L’association ajoute : «l’on fait de nouveau le constat de la grande précarité des organisations à base communautaire, œuvrant de façon responsable pour le mieux-être des LGBT… surtout, la vulnérabilité par rapport à la sécurité liée à leur travail.»

Humanity First Cameroon a condamné cet acte injuste.  L’association a aussi interpellé toute la communauté dans cette épreuve pour que l’association continue d’aider les LGBT.

 

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