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Extorqueurs anti-gay ont le champ libre au Cameroun?

Publié le 23 mars 2014
Rédaction en français par Denis LeBlanc.

Location of Douala in Cameroon (Map courtesy of Penpals-du-Monde.blogspot.com)

La localisation de Douala au Cameroun

Un extorqueur notoire dans la région côtière du Cameroun a menacé de déclencher une foule anti-gay contre un défenseur des droits de la personne à Douala, au Cameroun.

En réponse, REDHAC, (Réseau des défenseurs des droits de la personne en Afrique centrale) organisation des droits de la personne, a demandé l’intervention du gouvernement  jusqu’ici en vain.

Ce n’est que la dernière d’une série de menaces par une bande de maîtres-extorqueurs et escrocs contre les personnes LGBT au Cameroun, jamais arrêtés par la police et parfois encouragés par eux. Des incidents semblables ont eu lieu pendant des années, les plus récents en décembre, janvier et février. Chaque fois, la police a refusé les plaintes des victimes.

Dans un communiqué de presse le 7 mars, REDHAC a déclaré que Arold Ndelo, alias Nicky Ménage, a menacé des poursuites d’une foule immense contre Simon Biatch du groupe de lutte contre le sida, pro-droits, Alternatives-Cameroun, à moins qu’il lui rende son ordinateur portatif, lecteur de DVD, et son téléphone mobile.

REDHAC banner

Bannière du REDHAC

L’incident a commencé dans la soirée du 27 février quand Biatch a rencontré un jeune homme dans le secteur de Cité-Cicam de Douala après avoir communiqué avec lui sur un site de rencontres en ligne. D’après REDHAC, au rendez-vous, Biatch a reconnu Ndelo comme le chef d’une bande de maîtres chanteurs.

Biatch quitte le rendez-vous et se dirige vers sa maison, mais suivi par Ndelo qui menace de le dénoncer comme homosexuel à ses voisins. Ndelo a alerté les voisins et après, a tenté de lui enlever ses biens.

REDHAC dit qu’une foule s’est rassemblée, appelant Biatch un «pédé» et menaçant de le brûler vif s’il ne quitte pas le quartier. Biatch s’est échappé avec l’aide d’un jeune homme qui a accepté de l’aider pour de la monnaie.

En février, la police de Douala a arrêté un membre du personnel d’Alternatives- Cameroun après qu’il a été dénoncé comme un homosexuel par un autre membre de la bande Arold Ndelo.  Alternatives- Cameroun a dit que Dr. Richard, qui est un dirigeant de l’association et médecin qui lutte contre le VIH-SIDA au Centre de santé du groupe a été arrêté puis détenu, privé de sa capacité de travailler à la Clinique. Il est enfin libéré le 17 février après trois jours en prison.

Issa Tchiroma Bakary, Cameroon's minister of communication (Photo courtesy of Camer.be)

Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la communication du Cameroun (Photo de Camer.be)

Alternatives-Cameroun a alors déclaré que l’arrestation a démontré l’incongruité de la déclaration de Issa Tchiroma Bakary, Ministre de la communication du Cameroun, qui déclare le 23 janvier qu’au Cameroun “Il n’y a pas de harcèlement judiciaire” des homosexuels.

En Janvier, des victimes de Ndelo ont déposé plaintes à la police au sujet de ses menaces et son extorsion de fonds, mais la police n’a pris aucune mesure contre lui. Ensuite, Ndelo a commencé à faire des menaces de mort contre ceux qui avaient témoigné contre lui, affirme Alternatives- Cameroun.

Alternatives-Cameroun dit qu’en décembre 2013, la police a menacé de porter des accusations d’homosexualité contre un homme qui a demandé de l’aide après avoir été agressé par Ndelo.  L’homme, identifié comme Désiré N, a été rejoint au poste de police par d’autres victimes de Ndelo qui ont décrit son chantage. Mais, au lieu de porter des accusations contre l’extorqueur, la police a menacé Désiré N avec une action en justice.

REDHAC à demander aux militants des droits de la personne de protester contre le harcèlement des personnes LGBT et du manque de protection de la police en communiquant avec les représentants du gouvernement.

Voici le communiqué du REDHAC au sujet:

RESEAU DES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS
EN AFRIQUE CENTRALE

APPEL URGENT

Douala le 7 Mars 2014

EXTORSION, AGRESSION, ET CHANTAGE ENVERS M. SIMON BIATCH DEFENSEUR DE L’ASSOCIATION CAMEROUNAISE POUR LA DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME (ALTERNATIVE-CAMEROUN) PAR M. NDELO AROLD ALIAS NICKY MENAGE.

Depuis plusieurs mois les membres de la Communauté LGBTI vivent dans une période de grave agression,  des intimidations, des extorsions de la part de la Population, et des cas d’arrestation arbitraire au Cameroun.

Les faits :

Le 27 Février 2014, M. Simon Biatch a fait la connaissance d’un jeune Camerounais dans un site de rencontre. Après l’obtention du rendez-vous, vers 23H  ils se sont retrouvés dans le quartier de M. Simon Biatch sis à la Cité-Cicam à Douala.

Dès leur rencontre M. Simon Biatch a tout de suite reconnu M. Ndélo Arold  alias Nicky Ménage de la bande d’arnaqueurs qui s évit dans la ville. En le menaçant, il a supplié d’avoir arrêté d’agresser  les gens et a demandé des sous pour le transport ne les disposant pas, M. Simon Biatch s’est excusé un moment pour aller les chercher chez lui sans toute fois imaginer qu’il était suivis par M. Ndélo Arold  qui lui a fait chanter en voulant alerter tout le voisinage qu’ils sont un couple gay.

En écharge de son silence il a demandé à prendre des appareils chez M. Simon Biatch (Laptop, DVD, et téléphones). Une fois sorti de chez M. Simon Biatch, il a été ratrappé afin qu’il remette les éffets, et c’est à cet instant que M. Ndélo Arold  raconte à la population qu’il a eu un rapport sexuel avec M. Simon Biatch.

La foule est arrivée et l’ont cru pendant ce temps il s’est échapper sur une moto, M. Simon Biatch a fallit être lyncher et a eu la vie sauve grâce à un jeune Monsieur de la foule qui lui a demandé de l’argent en échange d’avoir la vie sauve, M. Simon Biatch a été accompagné chez lui tout en lui demandant de quitter le quartier parcequ’il est « pédé » et qu’ils vont le brûler.

En ce moment, de peur de revoir la population du qaurtier chez lui M. Simon Biatch a quitté son domicile aux alentours de 4H du matin pour trouver refuge chez un ami.

En conséquent,
Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) :

  • Dénonce la manière dont les homosexuels et des défenseurs des homosexuels sont traités au Cameroun ;
  • Condamne la montée de l’homophobie au Cameroun ;

Le REDHAC demande aux Autorités Camerounaises :

  • Que cesse des accusations de  mauvais augure pour profiter et mettre plusieurs citoyens Camerounais dans les prisons, et vouloir empêcher ceux qui luttent pour le respect des Droits des LGBTI au Cameroun ;
  • De respecter l’article 2 de la Charte  Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui stipule  «  Toute personne a droit à la jouissance des droits et libertés reconnus et garantis dans la présente Charte sans distinction aucune notamment de race, d’ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de naissance ou de toute autre situation » ;

Enfin,

Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) :

  • Exprime sa grande inquiétude et sa crainte sur les menaces qui pèsent sur les Défenseurs des LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexuel) en générale ;
  • Recommande Plus de protection pour les personnes vulnérables et les minorités sexuelles.

Pour toutes actions urgentes, veuillez contacter :

Premier Ministre : Philémon YANG :
Tél. : (+237) 22 23 92 54 / 22 23 57 60 / 22 23 57 50 / 22 21 00 42
Fax : (+237) 22 23 57 65

Ministre Délégué à la Présidence de la République, chargé de la Défense : Edgar Alain MEBE NGO’O
Tél. : + 237 22 22 15 24.
Fax + 237 22 23 59 71

Vice-premier Ministre, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux : Laurent ESSO
Tél. : (+237) 22 23 55 56
Fax : (+237) 22 23 55 59

Secrétaire Général de la Présidence de la République : Ferdinand NGOH NGOH
Tél.  (+237)  22 20 04 55.
Fax : (+237) 22 22 08 70

Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation : SADI René Emmanuel
Tél. : (+237) 22 23 10 56
Fax : (+237) 22 22 63 32

Délégué Général à la Sûreté Nationale : Martin MBARGA NGUELE
Tél. : (+237) 22 20 30 93 / 22 20 22 80
Fax : (+237) 22 21 00 69

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